J'ai toujours cru que dans la vie c'était soit tout, soit rien; et j'ai toujours fonctionné comme ça, en fait. En amitié, pas d'exception ; soit je donne tout ce que j'ai, soit je ne donne rien. Il n'y a jamais eu de juste milieu, et c'est sûrement ça le problème. Parce que oui, j'ai un problème avec l'amitié ; j'assume.
Je ne dis pas que c'est un choix, car il faut vraiment être maso pour choisir cette situation ; mais le fait est que ce problème est là, et bien malheureusement il faut dire. Puisque peu de personnes supportent les gens comme moi, et puisque moi-même je ne me supporte pas.
Savez-vous la sensation ressentie lorsque l'une des personnes que vous aimez le plus arrive à saturation, même si vous croyiez bien faire ? Avez-vous déjà eu le sentiment de ne servir à rien, d'être de trop et, en plus d'être totalement inutile, d'être un poids pour les autres ? Pouvez-vous seulement imaginer ce que ça fait ?
C'est comme si une lame vous transperçait de part en part au niveau du c½ur, comme si le sol se dérobait sous vos pieds, comme si vos repères, vos points d'attache disparaissaient soudainement. Et la douleur, dans tout ça ? Elle est semblable à celle que l'on ressent lorsqu'on se retrouve sans rien à quoi se rattacher ; c'est comme si on plongeait tout entier dans un bain d'acide, comme si l'on vous arrachait le c½ur et que l'on mettait du citron sur la plaie béante que ce vide peut former. Finalement, on peut dire que c'est une mort, une mort sentimentale.
Et la renaissance, dans tout ça ? Peut-on seulement se relever après de telles déceptions ? Peut-on se raccrocher à quelque chose alors que tout ce qui nous retenait s'est envolé ? Et tous ces principes que nous pensions justes, toutes nos habitudes, tous nos caprices, tout ce qui faisait que nous étions une entité ; maintenant que tout ça s'est effondré, peut-on se recréer ? Peut-on se reconstruire une identité sur les ruines de notre passé ? Est-ce-que le changement est-il seulement possible dans ces conditions ? Ou sommes-nous condamnés à rester ce que nous sommes, même si la volonté de changer est si forte qu'elle en vient à nous détruire de l'intérieur, rongeant les derniers espoirs auxquels on osait à peine se raccrocher ?...
